libraire sur la commune de le bourget depuis 36 ans, mon carnet de route au coeur d'un département en pleine mutation; mon vécu de victime et mes 34 agressions en 10 ans; mes humeurs, mes pourquoi, vos comment, mes pleurs,vos rires, la vie en somme . AVERTISSEMENT: Seuls les textes publiés sur ce blog sont écrits par moi-même.Il circule sur la toile des écrits signés de mon nom qui ne m'appartiennent pas.
10 novembre1918 - 10 novembre 2010
Assise derrière la caisse, à ta place devenue mienne, je contemple cette photo d'il y a vingt ans; comme la boutique a changé, comme le quartier s'est modifié, comme la ville a muté.
Si tu étais encore à mes côtés, je sais qu'une seule chose n'aurait absolument pas changé, le regard plein d'amour et d'émotions que tu posais sur ta petite fille, l'enveloppant de toute ta protection de grand-père.
C'est elle, qui t'apportait toujours ton cadeau d'anniversaire, grimpant à ton cou, s'accrochant à tes bretelles de pantalon et couvrant de bisous "ta piste à mouches", que tu avais bien pris soin de faire reluire, juste avant, rien que pour entendre son rire cristallin.
Depuis, sa voix s'est affirmée, son ton s'est posé, son timbre, ses expressions ne parlent que de toi et c'est elle qui te couve du regard désormais.
Notre vie est souvent difficile, laborieuse, dangereuse; toi qui nous pensait à l'abri des tourments, tu sais depuis ma dernière lettre à quel point nous, notre patrie, sommes en dégénérescence. Les duels sont nombreux, quasi quotidiens, mais, rassures toi, nous tenons le siège et en celà, sa puissance de frappe vaut tous les discours; nul ne déloge un Sardin, digne de ce nom.
Nous avons été victimes d'un splendide coup de Jarnac, samedi, privées d'une aide(RSA) que l'on accorde sans vergogne, à tour de bras, aux étrangers en situation plus ou moins régulière; sans doute, n'avions nous pas le bon profil, trop "faces de craie", trop travailleuses, trop dans la perspective de sauver notre échoppe envers et contre tous, tant nous y avons été heureuses et tant la présence de notre culture est ici vitale.
Comme on lance une bouteille à la mer, mon sos a fait le tour du net et là papa, j'ai vu se réveiller le Peuple.
Des dizaines de lettres contenant des fonds sont arrivées de toute l'Europe, des colis sont partis, des citoyens sont allés faire des courses pour nous, des mandats, des virements ont été émis de toute la France.
Papa, la Solidarité Française a surgi des oubliettes où les envahisseurs, les institutions, les élus, tentaient de l'étouffer au politiquement correct. Telle une tigresse défendant ses petits, elle a retrouvé sa fougue, sa hardiesse; entendant bien se substituer à l'état puisque celui-ci manque à tous ses devoirs envers ses enfants.
Papa, Pépé, nous ne pouvions pas t'offrir plus beau cadeau en ce jour, que celui de Ta France redevenue La Leur. La Résistance est aux portes de Paris, en route vers demain.
Chacun à sa manière, qui avec ses mots, son regard, son mail, son approche, a redonné à tout mon être, un visage humain. Je me sens moins coupable dans mon statut de victime et plus sereine dans ma lutte pour notre survie. Je vous sens là, à portée de coeur, ô ma si douce France!
Cette chaîne chaleureuse qui enfle chaque jour un peu plus, se pare de la sainte croix, auréolée de mes mercis.
MERCI, est si peu de chose, que mon amie la nuit, vous le dit, ce matin.
MERCI enrubanne ton cadeau; puisses-tu papa, veiller sur chacun d'entre eux, en déposant, au plus profond de leur âme, toute la tendresse de mes remerciements.
Demain c'est l'Armistice, la Marseillaise raisonnera , des larmes couleront, nous nous souviendrons, mais papa, écoute , entends-tu monter cette clameur......
Que les étoiles vos gardent mon père!