3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 16:33

 

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Cette semaine a été riche en avancées: enregistrements de reportages, contacts journalistiques, échanges constructifs avec la population, tout pour transformer, cette dernière, en une douce trêve.

Mais c'était sans compter sur la connerie humaine, sans compter sur la haine de ce que je représente aux yeux du plus grand nombre, sans compter sur les donneurs de leçon qui n'apprécient pas que les médias osent me donner la parole.

Nous sommes en fin de matinée, un client entre, il prend un parisien, s'avance vers la caisse, quoi de plus normal; je me retourne légèrement, tout en me reculant de quelques centimètres pour prendre le supplément télévision allant avec le journal du jour.

Je sens brusquement imploser mille bulles multicolores dans mon crâne, une douleur fulgurante me coupe le souffle, mes dents raisonnent dans mon coeur, mon petit déjeuner refait le chemin inverse, je suis secouée, j'ai vu trente- six chandelles, dans un silence mortel.

 

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Confuse, sous le choc, je vérifie mon intégrité, je m'extirpe tant bien que mal de ce demi-coton, tente de retrouver le fil de la vie et réalise que l'on vient de me décocher un coup de poing en pleine figure, partiellement évité, grâce à mon retournement.

Qui était -il, comment était-il, qu'elle heure était -il, des questions qui resteront pour moi comme une silhouette, comme une bouffée de cigarette, comme une traînée de poudre dans un champ de blé.

Au fur et à mesure que le brouillard s'estompe de mes yeux, grandit en mon sein un profond dégoût pour cette société qui ne fait rien, ou si peu, pour me protéger.

Elle m'accuse de tous les maux, jouant  la carte de la bien pensance et l' atout du politiquement correct; me reprochant de me victimiser sans cesse alors que je désire tout simplement, exercer mon métier, sur la terre de mes ancêtres.

Elle me condamne, me poussant à prendre les armes, là où je n'offre que des mots, des idées à partager.

Je n' ai déclenché aucun alarme, passé aucun coup de fil aux autorités policières, juste pris mon chemin pour me rendre chez mon médecin; histoire de retrouver ma route, en quête sans doute de réconfort.

Parvenue en son cabinet, je n'ai pas su, là non plus, lui exprimer mon désarroi, ma peine.

Mes émotions étaient si loin, si loin de moi, comment les rapatrier en quelques minutes; elles me manquent terriblement; abandonnées sur le bord du chemin, elles sont orphelines de moi, comme je le suis d'elles.

L'intérieur de ma bouche a viré au noir, sur le dessus de mes lèvres la marque de sa bague; il est conseillé de ne pas utiliser de vinaigrette pendant un certain temps, le tout a gonflé dans la nuit pour finir par se résorber peu à peu.

Ce coup porté gratuitement laissera en moi plus de pourquoi que de réponses. 

Toutefois j'ai remarqué qu'au fil des jours, depuis la sortie du livre, tout a été fait pour éloigner de moi, les rares amis locaux, encore fidèles; certains ont résisté, d'autres, ecclésiastiques, ont préféré suivre la foule, craignant pour leur propre vie et leur aura locale, me reniant par trois fois, crachant ainsi sur vingt ans d'amitié et de loyaux services.

Une autre raison me hante également, l'heure du "grand Paris" où l'on vante de partout, la magnificence de ma commune: Le Bourget.

 

 

 

A l'heure où l'on s'acharne à démontrer son rôle essentiel dans le Paris de demain, moi je m'obstine à prouver la réalité du quotidien des bourgetins.

Je veux que la vérité éclate, là où nos élus veulent qu'elle se dissimule.

Je tente d' imposer un présent, là où l'on ne désire que du futur.

Je mesure,

à quel point, il est délicat de vouloir préserver nos repères, nos valeurs pour notre descendance;

à quel point les hommes sont capables de s' acoquiner pour protéger leurs intérêts qui ne sont pourtant pas les intérêts du peuple.

à quel point, mon département est gangréné de partout;

à quel point, mon devoir est de résister, de lutter pour que ne meure jamais, ma ville, de notoriété internationnale, devenue aujourd'hui la commune la plus islamisée du département,  comme le déplore, le professeur Jean Paul Gourévitch dans son livre "la croisade islamiste":

"Une politique électorale naturelle dans des banlieues très majoritairement musulmanes, comme à Créteil ou au Bourget "

 Découvrir, ce record, m'a touchée; je ne pensais pas, à un tel déséquilibre et comprend pourquoi le bien vivre ensemble n'a plus sa place, pour eux.

Perdue dans mes pensées, abattue par ce double choc, j'ai vu arriver à la boutique un gros colis, une chaleur émotionnelle m'envahissait au fur à mesure que je découvrais le cadeau :

Un bouquet de friandises, comme un bouquet d'amour, comme un bouquet de demain, comme un bouquet de toujours:

 

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 L' expéditeur, une jeune fille, qui m'écrit :

" Je ferai en sorte que mon sourire vous soit gravé au fond des yeux; que pour les mauvais jours, de loin, vous ayez l'impression que je sois à vos côtés, toujours."

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commentaires

ICHE Muriel 08/12/2011 13:32

Bravo pour votre courage, votre combat ! Votre dignité est admirable. Vous êtes remarquable ! Pourquoi les pouvoirs publics ferment-ils les yeux ? Dans quelle société vivons-nous ? Que pouvons-nous
faire pour vous aider ? Sachez Madame, que je vous admire et soutiens votre combat.
Tous mes encouragements...
Bien solidairement
Muriel ICHE

taalf 04/12/2011 00:00

Moi aussi, je pense à vous, Marie-Neige.

Courage.

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  • : Le blog de Marie Neige,les 36 ans d'une libraire au coeur du 93.
  • Le blog de Marie Neige,les 36 ans d'une  libraire au coeur du 93.
  • : libraire sur la commune de le bourget depuis 36 ans, mon carnet de route au coeur d'un département en pleine mutation; mon vécu de victime et mes 34 agressions en 10 ans; mes humeurs, mes pourquoi, vos comment, mes pleurs,vos rires, la vie en somme . AVERTISSEMENT: Seuls les textes publiés sur ce blog sont écrits par moi-même.Il circule sur la toile des écrits signés de mon nom qui ne m'appartiennent pas.
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