13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 08:53

J’ai vu une piètre image de la Justice de mon pays, au procès de Marie-Neige Sardin

Mercredi 11 janvier s’est tenu le procès en appel de Marie-Neige Sardin devenue la libraire la plus célèbre de France suite à la médiatisation de son livre Celle qui dit non où elle témoigne des persécutions qu’elle subit non seulement de la part de la racaille bourgetine mais également – et c’est largement aussi inquiétant – de l’appareil judiciaire (cf les liens ci-dessous).

Marie-Neige est jugée pour « injure envers un particulier en fonction de sa race, de sa religion ou de son origine » ainsi que pour refus de se soumettre au relevé d’empreintes. Et ce mercredi nous sommes donc quelques-uns à être venus l’accompagner dont une personnalité de poids puisque Monseigneur Gaillot en personne s’est déplacé afin de montrer son soutien.

Après une attente de plusieurs heures Marie-Neige est appelée à la barre. Immédiatement le Président prend un ton agressif et méprisant en s’adressant à elle et durant toute la durée de l’audience il lui faudra à chaque fois regarder ses papiers pour se rappeler de son nom qu’à aucun moment il ne sera capable de prononcer de mémoire. A ce simple détail on sent tout de suite la rigueur avec laquelle il a étudié le dossier…

Monsieur le Président a le réveil grognon, lui qui a dormi durant une bonne partie des autres audiences de l’après-midi, à tel point que ses voisins devaient discrètement lui donner des petits coups de coude pour le réveiller.

Quand Marie-Neige lui explique qu’elle ne pouvait pas être touchée lors de la prise d’empreintes même au niveau des mains il ne comprend pas et prend cela pour de la mauvaise volonté. Elle insiste sur le fait qu’elle ne refusait pas l’opération mais réclamait seulement de la faire seule. Là il s’énerve, s’agite sur son siège jusqu’au moment où Marie-Neige lui dit que c’est à la suite de son viol, qu’il lui est très difficile d’être touchée sauf par sa fille et que seules quelques personnes peuvent l’approcher, et encore pas toujours, même sept années plus tard.

Engoncé dans ses certitudes il la houspille en arguant qu’un toucher de doigts même après un viol n’est certainement pas un problème. On se demande si Monsieur le Président a idée de ce que signifie le mot « viol ».

Marie-Neige évoque ses 26 agressions et là le Président s’exclame ébahi « vous avez subi 26 agressions ?! ». Nous nous regardons estomaqués : il n’a pas étudié le dossier, il n’a pas pris connaissance des agressions, il ne sait absolument rien de l’affaire qu’il instruit alors que tout cela avait été abordé dans le premier procès à Bobigny et figurait dans les pièces… Nous sommes accablés.

Pendant ce temps l’Avocat Général avachi sur sa chaise, les genoux au niveau du torse, s’ennuie ferme à tel point qu’il pousse par moments de grands soupirs, baille et même s’endort lui aussi, le visage caché du public par sa main dont il écarte les doigts pour que nous n’assistions pas au spectacle de sa sieste. Et pourtant il dort, d’un œil peut-être mais tout de même…

Le sort judiciaire des citoyens est entre leurs mains et ces messieurs s’en moquent…

Concernant l’accusation de racisme, lorsque Marie-Neige raconte au Président qu’il y a méprise sur les termes, qu’elle n’a pas traité sa voisine de « bamboula » mais qu’elle lui a demandé en pleine nuit d’arrêter de « faire la bamboula », une expression ordinaire que tout un chacun peut employer dans la vie courante, celui-ci comme l’avait déjà fait la Présidente du Tribunal de Bobigny fait mine de ne pas la connaître. Le Président a pourtant une soixantaine d’années, on peut dire qu’il a vécu, qu’il ne connaisse pas cette expression semble assez peu probable.

Il n’a de cesse d’agresser, de contredire, de hausser les épaules, d’essayer de se souvenir du nom de la personne qu’il accable de reproches. L’hostilité est palpable, pour ne pas dire pesante.

Quand il s’étonne de ce que Marie-Neige n’ait pas insisté auprès du commissariat pour faire valoir que tous les voisins n’avaient pas été interrogés mais seulement les deux avec lesquels elle était en conflit alors que d’autres voisins lui étaient favorables, elle lui répond qu’effectivement la plainte n’avait été instruite qu’à charge par le commissariat. Ce qui fait proférer au Président ces paroles incroyables et qui n’engagent évidemment que lui « Bien sûr, le commissariat de la Courneuve ne s’occupe que des noirs ! ». Sceptiques, nous nous regardons sans bien saisir où est le rapport ni où il veut en venir mais nous pensons qu’il a peut-être besoin de se défouler. En tout cas la tirade est intéressante…

Quant à l’Avocat Général, durant les moments où il ne somnole pas il se cure le nez puis joue avec ce qu’il y trouve histoire de se distraire un peu, passe ensuite aux ongles qu’il nettoie un à un. Il s’amuse avec sa montre bracelet, se remet à bailler. A ce stade, même un employé de la Poste serait plus vif !

Quand le Président le réveille en lui demandant s’il a quelque chose à ajouter il se lève et répond invariablement qu’il laisse le jugement à son appréciation puis se rassoit. C’est qu’il ne faudrait pas trop se mouiller surtout si l’on n’a pas écouté un traître mot des débats. Concernant les 500 euros réclamés à Marie-Neige il décrète que c’est une petite somme de rien du tout et que ça ne devrait pas poser de problème. Pensez donc, 500 euros, pour ce monsieur c’est presque un pourboire.

Quand l’avocate de Marie-Neige au moment de sa plaidoirie remet au Président les copies des pages de son blog pour servir de pièces au dossier, il les écarte sans même prendre la peine d’y jeter un œil.

Voilà l’état de la Justice française, une grosse machine incapable d’appréhender le vécu des citoyens qui passent dans ses rouages. Une expérience vécue qui permet de mieux comprendre le sentiment d’impunité des délinquants.

500 euros, c’est vrai, ce n’est presque rien, juste le prix de l’humiliation, de la honte et de l’in-justice.

Nous quittons la salle en silence. Dans le couloir des caméramen nous attendent pour recueillir les premières réactions de Marie-Neige. Le délibéré aura lieu le 15 février. Il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts.

Caroline Alamachère

http://ripostelaique.com/marie-neige-sardin-je-repasse-au-tribunal-pour-avoir-dit-arretez-de-faire-la-bamboula.html

http://ripostelaique.com/marie-neige-sardin-declaree-coupable-en-8-actes.html

http://ripostelaique.com/mesdames-les-juges-de-marie-neige-sardin-la-bamboula-est-francaise-depuis-1688.html

http://ripostelaique.com/jetais-au-proces-de-marie-neige-sardin-le-terme-bamboula-

 

 

 

 

Moralité à la sauce Sardin, n'engageant que moi-même et en aucun cas l'auteur de cet article et encore moins le site le publiant:

Voilà l’état de la Justice française, une Justice de nantis trop bien nourris, absolument incapables d’appréhender le vécu de ceux qu’ils interrogent, des nantis incompétents, méprisants, des bouffons.

Une mascarade qu’on n’imagine pas si on ne l’a pas vue en vraie, une Justice fantoche qui inverse les rôles et les valeurs, qui permet que des délinquants multirécidivistes vivent libres et heureux pendant que des victimes sont accusées, molestées, inquiétées, bafouées et rackettées.

 

Dernière minute: le 15 janvier 2012 à 7h15, un individu me guettait à l'arrière de la boutique et a tenté de m' agresser au moment de l'ouverture de cette dernière par deux fois en quelques minutes. Seule l'intervention de l'un de mes clients et la vue de mon " stun gun" m'ont évité le pire.....

 

Comme quoi, ceux censés assurer ma protection n'en feront rien et ceux censés juger mes agresseurs n'en feront guère plus, ne se réveillant que lorsqu'il s'agit de discréditer "la femme sardin".

 

Les institutions, les élus,  pratiquent  une non assistance à personne en danger caractérisée qui, je vous rassure, leur permet de se regarder tous les matins dans la glace sans avoir le sentiment  d'abuser le peuple.

 

 

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Liberté, Egalité, Fraternité, depuis huit ans, trois mots qui me sont interdits.

 

 

 

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commentaires

christine gamita 18/01/2012 15:38

Je découvre, et non pas avec stupeur, car depuis que je compile les données et veille sur Internet tous les fils de la violence à l'égard des femmes. Solidarité, Egalité, Liberté...

Rémi 14/01/2012 14:06

C'est tout simplement SCAN - DA - LEUX .

Etant trop libre pour m'affilier à un quelconque parti, je me garderai bien de généraliser sur celles et ceux qui dirigent la justice, ceux qui l'ont dirigée et ceux qui la dirigeront...

En simple citoyen "lambda", je m'en tiens aux faits, et je les trouve donc SCAN - DA - LEUX !!!

Après être passé vous voir hier, je sais, Madame SARDIN, que vous ne manquez pas de COURAGE, ni de PATIENCE!

Alors sachez que, grâce à votre courage, votre patience, et votre livre, vous êtes de moins en moins seule dans ce nième rebondissement de votre chemin de croix judiciaire !

L'INDIGNATION de citoyens, avec ou sans étiquette politique ou religieuse, peu importe, ne peut être que légitime face à un tel combat inégal.

En l'occurence, ces hommes qui vous jugent ont agit pour le plus grand DESHONNEUR de leur profession, de la justice et de notre démocratie.

C'est très grave et très dangereux.

Je pense qu'ils auront un jour à rendre des comptes devant leurs pairs, leur employeur, voire le peuple dont la colère gronde s'ils continuent à bafouer la justice ainsi.

De tout coeur avec vous.

marina 13/01/2012 14:58

... je dirais même plus une justice (en lettre minuscule) de dhimmitude et de lâcheté ayant peur de représailles !

Naibed 13/01/2012 13:05

Il y a bien longtemps que la France bafoue les droits de l'homme dont elle se prétend - sans la moindre justification historique, d'ailleurs ! - dépositaire. Le problème commence d'ailleurs bien en
amont de cette parodie de justice donnée par un appareil judiciaire en complète déliquescence. Notamment avec les lois scélérates votées par le législatif (lois mémorielles, Gayssot, Pevlen, contre
l'«homophobie», etc.) visant à criminaliser les opinions plutôt que les actes délictueux. Et dont le but infâme est de faire taire tout débat sur les vrais problèmes en imposant la censure des
opinions, et en restreignant la liberté d'expression.

Philippe Nemo, dans un excellent petit livre ("La régression intellectuelle de la France") livre une analyse très juste, doublée d'un réquisitoire impitoyable contre "les lois de censure", et les
dérives d'un [pseudo-]droit "post-moderne" qui autorise désormais une certaine justice à procéder selon une logique holiste de type magique, fétichiste et obscurantiste.

Ce que s'empressent de faire les larbins du système judiciaire!

Marcoroz 13/01/2012 11:23

Je peux confirmer tout cela, car j'y étais. J'ajoute que le président du tribunal, dans le cadre des formalités initiales, a demandé à Marie-Neige quelle était sa profession, alors que dans les
affaires qui ont précédé c'était plutôt : "Vous êtes ..." ou "Vous êtes toujours... ?" Bref, s'il lui a demandé sa profession c'est bien parce qu'il l'ignorait. Il lui a même fait répéter sa
réponse, apparemment le mot "libraire" n'était pas familier à ses oreilles. Comment un magistrat peut-il juger correctement une affaire en faisant preuve d'une telle méconnaissance du dossier et
d'un tel désintérêt? Sans compter les sorties incongrues et déplacées, comme celle sur le commissariat et "les Noirs" (sic), ou lorsqu'il a insinué que Marie-Neige était "paranoïaque" (sic), des
propos qui révèlent à la fois sa bêtise, son parti-pris et d'inquiétantes dispositions mentales qu'il projette sur sa... son interlocutrice...j'allais dire sa victime. Sa victime, oui, car la
"Justice" française d'aujourd'hui a tendance, non pas à rendre justice aux victimes, mais à leur porter le coup de grâce.

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  • : Le blog de Marie Neige,les 36 ans d'une libraire au coeur du 93.
  • Le blog de Marie Neige,les 36 ans d'une  libraire au coeur du 93.
  • : libraire sur la commune de le bourget depuis 36 ans, mon carnet de route au coeur d'un département en pleine mutation; mon vécu de victime et mes 34 agressions en 10 ans; mes humeurs, mes pourquoi, vos comment, mes pleurs,vos rires, la vie en somme . AVERTISSEMENT: Seuls les textes publiés sur ce blog sont écrits par moi-même.Il circule sur la toile des écrits signés de mon nom qui ne m'appartiennent pas.
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