Partager l'article ! Deux identités, une étagère et un classement sans suite: Premier juin 2009, lundi de Pentecôte, la clientèle afflue comme de coutume les jou ...
Echos de la ville du Bourget
Le quotidien d'une libraire au coeur du quatre-vingt-treize
Premier juin 2009, lundi de Pentecôte, la clientèle afflue comme de coutume les jours fériés, puisque je suis la seule librairie ouverte sur plusieurs communes.
La bonne humeur règne, chacun y allant de sa blague.
Parmi eux, se faufile un homme, client occasionnel, dont je ne mémoriserai que le bermuda, dans un premier temps; celui-ci avec des grandes fleurs, sur un fond bleu turquoise me fait songer aux vacances et au sable chaud et quelque part ce décalage me fait sourire.
Le temps passe, je papote avec des grands-mères et je ne remarque pas les allées et venues incessantes de l'individu au bermuda devant l'échoppe. Enfin seule je m'affaire, j'ai pris du retard dans la mise en place.....
Soudain, le bermuda bleu déboule de nouveau, il est énervé, je ne comprends pas trop ce qu'il veut faire, à part prendre d'autres journaux de courses, en échange et en plus de celui qu'il avait acquis un bon quart d' heure avant. Il parle vite, haut et fort, me sort tous les titres de courses et les met sous son bras, pliés. Comme, il s'exprime visiblement, en mélangeant un dialecte au français, je me décide donc à le rejoindre au tourniquet des quotidiens, en tentant de lui expliquer que les lois du commerce en France n'étaient pas celles du troc.
A peine suis-je à ses côtés, que les menaces pleuvent et pas des moindres, destruction de la boutique, attaque à la machette, car tout le monde le dit et le sait, je suis une vieille méchante, raciste qui ne mérite que cela.
Je tente de récupérer mes journaux coincés sous son aisselle, il me crache à la figure, les yeux exorbités, et me décoche des coups de poings qui me propulsent en arrière, m'envoyant valdinguer dans les meubles de presse.
Ma tête rebondit sur les tranches en métal, un énorme craquement sévit en moi, un trou noir de quelques secondes et cette douleur à la nuque qui ne va plus me lâcher durant des jours et des jours.
Je dois rejoindre la pédale d'alerte au plus vite, la trouille au ventre car j'ignore s'il est armé; je me glisse par un autre côté, accédant à ses désirs, mais surtout pouvant déclencher l' alarme. Il me balance un peu de monnaie tout en continuant de m'injurier et surtout m'annonce son retour avec tous ses amis africains pour se faire "la blanche".......
Ouf, il est parti, je tremble de partout, mes émotions me rejoignent, j'ai mal, envie de vomir, de pleurer, mais je dois continuer mon travail de la journée.
La police de Drancy, parvint à arrêter notre homme, tant il y eut promptitude à réagir; mais c'est ensuite, au commissariat de La Courneuve, que tout va encore, se compliquer.
Tout d'abord, une grosse hésitation de la part de l'officier de service, à mettre mon agresseur en garde à vue......heureusement qu'il y avait les menaces réitérées sinon......
Je lui aurais tenu des propos racistes......ben voyons, depuis quand refuser de se faire piquer sa presse est raciste ?
De fil en aiguille, je sens que l'on va me minimiser l'affaire; je tente un "j'ai mal" et c'est à contre coeur que l'on me fait une requête pour les umj de Jean Verdier pour le soir 17h.
Je demeure ainsi toute la journée, ne sachant plus comment me mettre pour ne point hurler de douleurs.
Arrivée, à l'hôpital, le médecin mesure enfin mes souffrances et tente de me soulager.
Il a, à leur encontre, une phrase assassine "mais comment ont- ils pu vous laisser ainsi sans soins, sans même nous dire l'urgence".
Il s'avère en effet que les choses sont graves et que mes cervicales, mon épaule sont atteintes.
Dans un premier temps, il met 7 jours d'itt à réévaluer dans un mois, ce qu'il précise dans son rapport. Puis s'enchaîne le chirurgien, les irms et autres déplaisirs.
Le verdict du chirurgien tombe subluxation de deux vertèbres, tout est à envisager et nous cherchons encore à ce jour la solution la moins pire.
Un mois plus tard, le 5 juillet 2009, le médecin des umj me refait donc un nouveau certificat, passant les itt de 7à 10 jours, précisant de nouveau qu'une évaluation sera refaite à la fin du bilan.
Il envoie ce dernier par fax à La courneuve et m'en file une copie au cas où.........
Quel homme prévoyant, car en effet deux mois plus tard, soit le 22 octobre 2009, à la clôture de la procédure transmise au
procureur, cette pièce ne sera jamais jointe, disparue, passée au panier, inexistante.
Une justice trompée ou un choix commun entre police et justice, afin de classer sans suite?
Où se situe la part de responsabilité des deux institutions, entre les pièces volontairement non transmises ( certificat 2), les feuilles de procès verbaux perdues (suite de la déposition de mon agresseur expliquant mes insultes racistes) et cette non assistance devant les blessures.
Le comble de l'histoire, je vais le découvrir en lisant le dossier; en fait mon agresseur a deux identités pour une même personne physique, soit l'usage d'une fausse carte de résident....
Comme quoi, tout est permis sur le sol français!
J'en conclue donc, qu'il est préférable, pour être entendu, protégè, aidé, qu'il ne faut en aucun cas, être français de souche et encore moins l'ouvrir sur la question, sous peine de se voir achevé avec l'autorisation bienveillante de nos institutions.