16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 19:26
Elle et moi , nous nous sommes rencontrées il y a,  quelques temps déjà;
 Une tranche de vie délicate , des combats en tout sens , des humiliations plus que de raison , des petites victoires parfois , des mots pesant , mais muets , des phrases lues des milliers de fois, sur la toile,  vidées de leurs sens profonds pour ne pas choquer le lecteur , des émotions au bord du coeur , bien vite ravalées , pour ne rien laisser transpercer , des mains tremblantes , des jambes de coton , des rires forcés, des pleurs contenus, des douleurs physiques comme les hurlements d'un corps piétiné, bafoué,  à qui l'on veut faire croire qu'il ne s'est rien passé et qu'il doit continuer d'exister malgré tout , malgré rien !
Un psychiatre,François,  consulté il y a fort longtemps , pour cause d'abandons répétitifs des êtres que j'aimais et une petite fille,  au beau milieu de ce désordre,  qui ne demandait qu'à être heureuse,  tout simplement .
 Chemin faisant il m'aida, de caps en caps , d'arbres en arbres, de branches en branches, de villes en villes , de peurs en frayeurs, de désespoirs en espoirs , de sentiers en chemins, de rus en fleuves, d'îles en berges à marcher vers demain
:
 Accrochée à la poche  intérieure de son veston ,  mon âme bien souvent,  y trouvait virtuellement refuge, lui confiant ses goûts les plus secrets.

La petite fille grandit, trouva sa place dans ce monde, si hostile à sa mère et les visites prirent fin .
Toutefois,  via la toile , il persista entre lui et la maman , comme un fil de soie ;

 un jour, elle lui écrivit ceci:

"Depuis des années , sans t' écrire au moins deux fois par jour et dix fois par nuit, quand le silence se fait réponse et que les mots n existent plus,  je pense que comme lui,  tu m abandonnes ; tu me diras , mais non , elle te murmurera mais si ;
elle attendait ses lettres comme d' autre la vie , s' il lui écrivait, c'est qu il avait pensé à elle , s il se taisait c'est qu il avait mieux à faire , puis,  plus le temps passait,  plus elle grandissait,  plus il s'éloignait; aussi,  pour espérer quand même , elle changea de père et prit le soleil pour parent ;  l'idée la séduisit  d'abord, l 'enivra ensuite, fille de Ra, elle avait la certitude,  que lui,  viendrait la réveiller chaque matin , en caressant son corps, sans  jamais la toucher ,
c'est avec lui qu 'elle se lovait quand il parcourait  sa peau ,  la mettant en lumière et en la respectant ;
 avec lui ,qu'elle savait ,  lorsqu il s'absentait,  que la pluie venait   la purifier , et lorsqu il se couchait, qu elle allait pouvoir se faire bercer dans les bras de sa mère : la lune .
 Grâce à cette dernière  plein de copains habitaient la chambre  il suffisait d une ombre , celle de ses mains et un lapin courait sur le mur, c'est lui,  qui le lui avait appris , il y a longtemps,
 A Tanger,  sous un oranger , alors qu' 'il l'avait emmenée, grimpée sur son dos, voir les grosses tortues , il plaça des fleurs blanches de l'arbre  entre ses mains ,lui disant ," souviens toi,  toujours de cette nuit parfumée minège ; l'odeur du bonheur,  ce sont tes yeux et tes rires, allez viens, on s'en retourne !"
 Il n'avait pas compris ses pleurs , pourquoi elle s'accrochait à lui,  pourquoi elle lui  avait échappé, pour se blottir plus bas , dans l'enclos , avec le  lion.
 La suite n'appartient plus à l'enfance  , tout débuta dans l'arythmie; les chaos des vents erratiques s' emparèrent  de son univers , l'intempérie régna et l'indéchiffrable détonation fut mon prologue,"

Chaque départ , est invariablement vécu par elle  ,comme un abandon, François essaya tout ce qui était en son pouvoir de médecin,  pour lui faire lâcher prise sur cette souffrance,  mais rien n'y fit ........ jusqu'au jour,  où il eut l'idée de lui ramener,  sortie tout droit des eaux du Saint Laurent , "Satine".

Quant 'elle la vit ,  la première fois, elle songea à une pierre ,ou ,  un fossile en fer de lance, mais arrondi.
Elle se sentit attirée et eut la sensation,  que de nouveau,  au creux de ses mains,  des fleurs d'oranger s'étalaient ; la même légèreté , la même fragrance , le même bonheur,  l'envahissaient.

 Le fil de soie avait pris corps en un morceau de bois!

Pour parvenir au noyau de mes souffrances et m'aider ainsi ,  à survivre,  Satine ne me quitte jamais ; elle se love au fond  de ma poche , se blottit au creux de mes mains , je la caresse, elle me rassure , me communiquant cette force qui l'a conduite à travers les siècles jusqu' à moi.

Si aujourd'hui je vous parle d'elle , c'est tout simplement parce que dans quelques jours vont s'ouvrir deux audiences ; l'une concernant la séquestration et la tentative de meurtre , l'autre relative au viol en réunion  .
Des heures qui vont nécessiter toute ma capacité à dire, à dénoncer, à dévoiler toutes mes souffrances certes, mais aussi à mettre des mots sur ce que tant de victimes taisent,  pour rester victimement correctes .
Mettre fin ,à tous ces non dits,  du politiquement correct , qui ont fait de nos agresseurs, des généraux SS et des victimes ,un groupe à exterminer ,  à gazer, au nom du  confort collectif.

.Pour parvenir à faire passer le message , à briser ce mur du silence broyant les victimes , en un département dénommé 93,  abandonné par les politiques et les institutions....
.Pour que mon corps,  laisse mon esprit , aussi clairvoyant  que possible en  ce combat.... 
J'engage donc,  à partir du lundi 18 mai 2009, un jeûne total, jusqu'à la décision de la dernière audience ,   afin de donner toute la puissance nécessaire à une cause faite mienne ; faisant en sorte, que plus jamais une victime,  ne soit coupable aux yeux des institutions et de la société.
.
                                                   Ainsi est née, l'histoire au jour le jour , d'un bonheur  en Satine !


lundi 18 mai 2009;

Voilà ,nous y sommes à ce premier jour ; il fait presque beau en mon coeur ; je suis détendue , je souris à la vie, j'ai mis de la musique dans la boutique et en recul,  j'écoute le monde qui grince, qui se la joue façon destruction !

Je trouve , comme vous tous , "que je ne vais pas si mal que cela , pour une victime", seule face à cette déferlante ;
Mon truc , il est aussi vieux que moi.......le renoncement .

L'essentiel n'est plus à ce jour , la position du compte bancaire  ou les propos pervers, destructeurs, haineux exprimés par mes voisins, mon propriétaire, les élus locaux , les ex-clients et leurs plans diaboliques pour me dégager des lieux ou de la ville.
S'ils savaient, comme tout cela n'a plus de prise sur moi;  ils gagneraient en temps et en salive .

Quelque part , oui , je l'avoue, je me sens intouchable;  tellement loin des humains , tellement disloquée, tellement impalpable, tellement glissante , tellement autre, tellement forte de ces renoncements.

Oui mais voilà, je suis au milieu de vous tous et non au carmel;  parfois la tentation est grande d'aller vers votre univers , de vous tirer par la veste , ou le pantalon et de vous dire regarde,  je ne suis pas ce que tu crois.......:
mes yeux entrevoient juste des univers différents , mon coeur capte des souffrances que tu ne saurais voir; comme celle du grain de sable qui se réjouit de ne pas appartenir à la dune , car cette dune est celle de l'indifférence ;
il souffre de ce rejet , il est là,  tout en bas , seul, piétiné , isolé au milieu des pierres , sans horizon, pourtant il se sent soulagé parce qu'il ne fait obstacle à personne , il laisse l'horizon dégagé pour qui veut s'y plonger .

Hier , il était  jovial, il avait aidé une fourmi à grimper sur la pierre , la sauvant ainsi d'une noyade certaine .
L'orage était si puissant que  les pluies diluviennes l'entraînaient vers l'abîme . Le grain de sable s'arc-bouta tant et tant pour résister au courant,  que bien vite la nouvelle se répandit dans le monde des pierres, un héros était parmi elles.
Tour à tour , tout le monde le félicita, les fourmis se réunirent autour de lui , agitant leurs antennes en tout sens , ce qui fit , se tordre de rire, le grain de sable,  tellement cela le chatouillait . 
Les ouvrières  allèrent conter l' histoire à leurs amies , les  herbes folles,  qui retenaient la dune un peu plus bas de leurs puissantes racines . D'un commun accord, il fut décidé qu'un rhizome allait pousser en direction du petit grain .....
Les saisons passèrent ;  un beau matin , éveillé par un parfum,  à la fois suave et délicat , il leva les yeux , découvrit  des corolles d'un bleu violet , sa couleur préférée,  en parapluie au dessus de lui ....

" Bonjour, qui es tu ?" murmura t' il ....

Une grosse voix lui répondit :

" je suis Iris, monte sur le dos de l'une de tes amies fourmis et grimpez le long de ma robuste tige , ainsi toi aussi ,tu verras l'horizon du monde !"

Petit grain ne se fit pas prier, il enfourcha l'une de ses amies  et se pavoise désormais ,au soleil, en plein pistil.
















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  • : libraire sur la commune de le bourget depuis 36 ans, mon carnet de route au coeur d'un département en pleine mutation; mon vécu de victime et mes 34 agressions en 10 ans; mes humeurs, mes pourquoi, vos comment, mes pleurs,vos rires, la vie en somme . AVERTISSEMENT: Seuls les textes publiés sur ce blog sont écrits par moi-même.Il circule sur la toile des écrits signés de mon nom qui ne m'appartiennent pas.
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